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Mercredi 19 juillet 2006
Autant brosser un rapide historique du Blues ou du Hillbilly est chose aisée, autant s'attaquer à un historique du Jazz est une entreprise périlleuse. En effet, le Jazz est avant tout un terme générique qui désigne un style musical afro-américain né de plusieurs influences et qui a donné lui-même naissance à un nombre considérable d'écoles. Je demande donc aux puristes de bien vouloir se montrer indulgents.

A la fin du XIXème siècle, la musique afro-américaine est constituée essentiellement par le Blues, le Spiritual, un folklore né des chants de travail. Ces genres s'interpénètrent sans qu'une forme nouvelle parvienne à émerger. C'est à la Nouvelle-Orléans que le Jazz verra le jour alentour de 1900. Les " spasms bands " (fanfares noires du quartier de Perdido) reprennent les marches et autres quadrilles joués à l'époque pour les réarranger en les syncopant. Ces essais vont constituer la base qui va inspirer les pianistes noirs du quartier de Storyville. Ils feront le succès du Ragtime né à Sédalia dans le Missouri. Le Ragtime n'est pas à proprement parler du Jazz, il est par trop semblable de par sa structure, à la musique européenne et il lui manque surtout l'élément essentiel du Jazz: l'improvisation. Néanmoins, l'écoute des rouleaux enregistrés par Scott Joplin, le maître inconstesté du Ragtime, reste un ravissement pour l'amateur.
Les " spasms bands " par ailleurs reprenaient également les compositions de ces pianistes pour les jouer dans les parades, défilés, enterrements, ... La formation traditionnelle dite " New Orleans " venait de naître. En ce qui concerne l'apparition du terme " Jazz " on ne relève pas d'occurrence avant 1915. Il ne se généralisera que dans les années 20 au fur et à mesure du succès de ce genre musical.



Avec la guerre, la Nouvelle-Orléans est devenue un port de guerre où de nombreux soldats sont en garnison ou  stationnés en attente d'embarquement. En 1917, Storyville est fermé  par les autorités militaires qui  jugent ce quartier dangereux pour le moral des troupes. Cela signifie le chômage pour tous les musiciens des nombreux cabarets qui suivant l'exemple des bluesmen montent vers Chicago. Paradoxalement, c'est dans cette ville que le style " New-Orleans " va exploser. Le genre est simple. En premier lieu, la formation est conduite  par le trompettiste/cornettiste qui énonce le thème, le clarinettiste brode par dessus pendant que le tromboniste tisse les basses.
L'armée va néanmoins jouer un rôle non négligeable dans l'émergence du jazz par le biais d'orchestres noirs tels que le fameux " Jim Europe's 369th Infantry "Hellfighters" Band ".


C'est également dans cette ville qu'il va se modifier. Essentiellement du fait de musiciens blancs amoureux de ce style, comme Bix Beiderbecke, qui vont le " pacifier ". Les lignes mélodiques de chaque instrument, au lieu de se chevaucher vont rester parallèles voire successives, les solos faisant leur apparition. Le " Chicago style " vient de naître. Il sera aussi brillament illustré par de grands artistes noirs tels que Fats Waller.

Une nouvelle migration survient à la fin des années 20. Le centre de gravité se déplace vers New-York qui attire non seulement les jazzmen de Chicago mais également ceux de Kansas City. C'est dans cette ville que la formation en Big Bands apparait donnant naissance au Swing, style caractérisé par un système rythmique où les quatre temps de la mesure sont également accentués (four beats) a contrario des styles précédents où l'accent était porté sur les deuxième et quatrième temps.
Le Jazz va s'affranchir de l'univers du cabaret pour celui du monde du spectacle avec la création de grands dancings comme le Savoy et le désormais célèbre Cotton Club. Les années 30 voient l'explosion du Jazz. Le genre ne cesse de faire de nouveaux adeptes, les grandes formations gagnent du public pour arriver à l'année de la consécration, 1938, où il entre dans le sanctuaire de Carnegie Hall grâce à Benny Goodman. La créativité n'est pas en reste, le " scat " fait son entrée au tout début des années 30. Pour certain le mérite revient à Cab Calloway qui ayant oublié les paroles de "Minnie the moocher " improvisa une série d'onomatopées, pour d'autres il est né d'une improvisation de Louis Armstrong sur " Heebies Jeebies ".
Par Harald - Publié dans : haraldsgraffiti
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Jeudi 13 juillet 2006


De nombreux films ont parsemé l'histoire du Rock and Roll, mais il en est un qui surpasse tous les autres de par sa qualité : " The Girl can't help it ", plus connu chez nous sous le titre " La blonde et moi ". Sorti sur les écrans en 1956, il a été écrit, produit et réalisé par Frank Tashlin, qui fit ses premières armes comme gagman dans le cartoon, d'abord avec Leon Schlesinger puis auprès de Tex Avery après un bref passage chez Disney.


La distribution s'appuie essentiellement sur deux duos d'acteurs qui se renvoient la balle sur le thème du couple. Tout d'abord Tom Ewell et Jane Mansfield, puis Edmond O'Brien et Henry Jones. Le casting musical quant à lui est on ne peut plus brillant, puisqu'il met en scène :  Abbey Lincoln, Eddie Cochran, Eddie Fontaine, Fats Domino, Gene Vincent & His Blue Caps, Johnny Olenn, Julie London, Little Richard, Nino Tempo, Ray Anthony & His Orchestra, Teddy Randazzo & The Three Chuckles, The Platters, The Treniers.

Le scénario est des plus simples. Marty "Fats" Murdock (Edmond O'Brien) est un ex-gangster dont plus personne ne parle depuis qu'il a purgé sa peine. Il estime que sa dignité ne lui permet pas d'épouser une inconnue, aussi il fait appel à Tom Miller (Tom Ewell), agent artistique sans client, pour que ce dernier fasse de Jerri Jordan (Jane Mansfield), sa future épouse, une vedette. Seulement la belle ne cherche pas la renommée, juste un homme à aimer et qui lui permette de jouer son rôle d'épouse et de femme d'intérieur.

Un jeu de cache va s'amorcer entre les deux duos. Tout d'abord celui de l'amour naissant entre la belle et l'agent artistique, puis celui de la vérité entre Fats et son lieutenant " Mousie ". Tout finira bien, les amoureux vont se marier, quant à Fats et Mousie la magie du music hall va en faire des stars du Rock and Roll.

Par Harald - Publié dans : haraldsgraffiti
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Mardi 11 juillet 2006
Comment faire un blog sur le Rock and roll sans parler de Big Bopper, dont la carrière se termina tragiquement dans l'accident d'avion qui emporta également Buddy Holly et Richie "La Bamba" Valens.

Jiles Perry Richardson Jr de son vrai nom, était né un 24 octobre 1930 à Sabine Pass, Texas. Il est encore enfant lorsque ses parents déménagent pour Port Arthur. En 1949, il décroche son diplôme à la Beaumont High School où il s'était illustré dans l'équipe de football. Le 18 avril 1952, "Jape" épouse  Adrian Joy Frion, dont il aura une fille, Deborah. Le nom de Big Bopper lui vient de son passage sur les ondes de la station de radio de Beaumont, KRTM, où il oeuvre en tant que disc jockey. En mai 1957, il décroche le record du monde de l'émission la plus longue en diffusant 1821 titres sur 6 jours. Auteur-compositeur dilettante il est travaillé par l'envie de passer de l'autre côté du miroir. C'est le manager Harold "Papy" Daily qui lui en offrira l'occasion. "Chantilly Lace" enregistré fin 1957 va lancer sa carrière. Il va même devenir la 3ème chanson la plus jouée de toute l'année 1958.

"Jape" va parcourir les USA  alignant  les tournées.  En février 1959,  l'hiver est rude dans les états du midwest.  Les autobus de la tournée connaissent de nombreux problèmes moteur et la pour plupart le système de chauffage ne fonctionne tout simplement pas. Arrivés à Clear Lake, Iowa, Big Bopper fortement grippé demande à Waylon Jennings, le bassiste de Buddy Holly s'il veut bien lui céder sa place dans l'avion que Buddy vient de louer avec Ritchie Valens. L'avion décollera de l'aérodrome de Mason City vers 01 heure du matin pour se crasher au bout de 8 miles tuant les trois chanteurs ainsi que Roger Peterson le pilote. Jiles Perry Richardson Jr laisse derrière lui sa fille Deborah ainsi que sa femme enceinte qui mettra au monde leur deuxième enfant , Jay, 84 jours après. Il avait 28 ans.



Par Harald - Publié dans : haraldsgraffiti
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Mardi 11 juillet 2006
Frankie Lymon aimait chanter avec ses amis. Ils s'entrainaient dans la cage d'escalier du bâtiment où il habitait dans le quartier de Washington Heights à New-York. Le hasard fit qu'ils furent  découverts par un "talent scout" qui flaira la bonne affaire et les présenta au producteur George Goldner. Leur premier disque, enregistré en 1956 pour le label Gee, Why Do Fools FaIl In Love, explose tous les records de vente et devient l'un des plus grands best-sellers des débuts du rock'n'roll. Frankie Lymon a un peu plus de 13 ans et ses Teenagers sont à peine plus âgés. Ce simple titre s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires en quelques semaines.

Immédiatement, d'autres titres sont mis sous presse, le succès reste au rendez-vous. Seulement le jeune Frankie n'est pas armé pour faire face à tout cela. L'alcool, la drogue, les filles vont vite devenir son enfer quotidien et il mourra à 25 ans en 1968.



Les Collins Kids font eux aussi partie de ces jeunes ados talentueux. Lorrie, l'aînée est née en 1942 et larry en 1944. Ils sont originaires de Tulsa  dans l'Oklahoma. Lorrie est dotée d'une fort belle voix et s'accompagne à la guitare acoustique, Larry quant à lui est un guitariste prodige hors du commun, débordant d'énergie et facétieux. Son instrument de prédilection est la guitare à deux manches, dont il a  appris le maniement auprès de Joe "King of the strings" Maphis. Leurs débuts sur scène datent de 1953.

Bien que baignés dans l'univers de la Country Music, le duo n'en néglige pas pour autant le Blues et c'est tout naturellement qu'ils aborderont rapidement le Rockabilly. Que ce soit leurs créations comme "Hop, skip and Jump", "Hoy, hoy, hoy", ou bien des reprises de grands standards tels que "High school confidential", "Chantilly lace", leur musique est vive et énergique. Le duo enregistrera de moins en moins à partir de 1959, année du mariage de Lorrie avec Stu Carnall, manager de Johnny Cash.  Elle raccorchera définitivement en 1961,  à la naissance de son premier enfant.



 
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Lundi 10 juillet 2006
Afin d'illustrer par l'exemple le billet consacré au Hillbilly, voici quelques rares vidéos de Western Swing:

Spade Cooley:




Tex Williams:




Bob Wills & Carolina Cotton:


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Samedi 8 juillet 2006
1953, la chanteuse de Blues Big Mama Thornton enregistre " Hound Dog ", le titre du célèbre duo Jerry Leiber et Mike Stoller. Il restera sept semaines durant numéro 1 au top ten.



1956, Elvis Presley enregistre ce même titre. La différence? En tout et pour tout, Big Mama Thornton qui avait signé chez Peacock n'aura jamais touché que 500$ pour ce morceau.

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Samedi 8 juillet 2006
Je ne résiste pas à l'envie de partager ces deux clichés très rares datés de décembre 1959. Elvis Presley est en Allemagne, il fait son service militaire à la base de Friedberg. A l'occasion d'une permission de 15 jours, il va visiter Paris. Il en profite pour aller applaudir les Golden Gate Quartet qui se produisent au Casino de Paris dans la revue " Plaisirs " conduite par Line Renaud. Plus tard, dans les loges de Line, il fera le boeuf jusqu'à 6 heures du matin avec eux et.. Loulou Gasté à la guitare.

Quelques jours plus tard, il ira voir la revue du Moulin Rouge où se produit Nancy Holloway. Le directeur artistique du cabaret n'est autre qu'André Pousse, l'ex-cycliste roi du Vel d'Hiv' qui ne s'est pas encore essayé à faire l'acteur.








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Samedi 1 juillet 2006
1956 encore. Elvis Presley interprète "Heartbreak Hotel" accompagné de Scotty Moore à la guitare, Bill Black à la contrebasse et D.J. Fontana à la batterie. Il vient de quitter les studios Sun Records pour signer un contrat de 40.000$ avec RCA-Victor.
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Samedi 1 juillet 2006
Pour le plaisir, une vidéo de ce titre de Fats Domino sorti en 1956.
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Jeudi 29 juin 2006
Le Hillbilly naît à la fin du XIXème siècle dans les Appalaches. C’est un terme générique qui désigne la musique rurale américaine, synthèse des divers styles apportés par les immigrants venus de la vieille Europe. La base instrumentale est constituée par le violon et le banjo. La guitare arrivera un peu plus tard,  on y adjoint parfois un dulcimer. Le chanteur a souvent recours à la technique du « yodle », si chère à nos amis suisses, qui consiste à passer rapidement d’une voix de gorge à une voix de tête. Cependant, rapidement les orchestres, qui mélangent des influences celtiques, germaniques et mexicaines (particulièrement au Texas), comprennent jusqu'à vingt ou trente musiciens (violons, guitares, banjos, contrebasses, accordéons, trompettes...). Leur répertoire est très divers : danses irlando-écossaises, airs mexicains, chansons de cow-boys, rythmes cajuns de la Louisiane, airs de danse apportés par les immigrants d'Europe centrale. 

Le genre souffre néanmoins rapidement de l’étiquette « musique de bouseux » et dans les années 20 le terme « Country Music » apparaît. Il ne sera véritablement adopté qu’à l’orée de la WWII. Cette période va d’ailleurs être fertile pour ce genre musical, l’électrification des instruments, le développement de la radio, la popularité grandissante du Blues et du Jazz vont permettre l’éclosion de nombreux styles tels que le Country-Blues, le Bluegrass, le Western Swing, le Country-Rock.

Dès 1890, le Ragtime, monté de la Nouvelle-Orléans, commence à influencer les musiciens de Country texans. Ils intègrent assez rapidement cette rythmique qui leur permet de multiples improvisations sur des thèmes classiques. Le public, de plus en plus nombreux en raison de l’essor de l’industrie pétrolière, en redemande. Ainsi naît, dans les années 1920, ce que l’on a d’abord appelé la « Hot Dance Country Music », qui débouchera plus tard sur le « Western-Swing ». Prince Albert Hunt and his Texas Ramblers, les Light Crust Doughboys sans oublier les East Texas Serenaders sont les véritables fondateurs du genre.  Le Western Swing naîtra vraiment de l’éclatement des Light Crust Doughboys, les deux leaders du groupe,   Bob Wills et Milton Brown créent leurs ensembles. Milton Brown fortement influencé par le Jazz monte les Musical Brownies et Bob Wills les Texas Playboys. En 1936, une grande partie des états du Sud ne danse plus que sur du  Western Swing. La popularité du genre va rapidement donner naissance à de nombreux groupes dont les plus talentueux sont sans conteste : Bill Boyd & his Cowboy Ramblers, Cliff Bruner & the Texas Wanderers, Jimmy Revard & his Oklahoma Playboys, les Hi-Flyers, Adolph Hofner & his Texans, les Tune Wranglers et  les Modern Mountaineers.

La WWII, va permettre à ce style d’étendre son influence. Après Pearl Harbor, les USA se lancent dans la guerre. La conscription sonne le glas de pas mal de groupes, les vastes salles se vident, une bonne partie du public se retrouvant sous les drapeaux ou partant travailler dans les chantiers navals de la côte ouest. Les formations vont donc se limiter à une dizaine de musiciens et vont suivre leur public. Les cabarets de Californie s’enthousiasment pour ces nouveaux venus. Ce renouveau est assuré entre autres par Spade Cooley, Tex Williams, les frères Johnnie Lee Billy Jack Wills, Tommy Duncan et Pee Wee King. Le Western Swing va même influencer la variété US puisque des artistes tels que Bing Crosby ou Dorothy Lamour vont s’y essayer.

La Country Music, quant à elle va évoluer plus lentement. Des artistes comme Jimmie Rogers vont donner naissance au Country Blues, Bill Monroe rebelle à l’électrification des instruments portera le Bluegrass sur les fonds baptismaux. Enfin Hank Williams joue une Country qui inclut à la fois le Blues et le Honky Tonk des bouges du Sud. Sa musique est annonciatrice du Rock and Roll encore à venir. Il suffit d’écouter son célèbre « Move it on over » pour s'en persuader.

Par Harald - Publié dans : haraldsgraffiti
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